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A la première évasion, celle du 2 au 3 février 1999, la bande à Ino s’était affûtée pour le rendez-vous de 21 heures. L’édition du journal Walffadjri du 19 et 20 juin 1999 déroulait ainsi ce Rebeuss break. «Le garde pénitentiaire, Moustapha Wélé, faisait le tour des secteurs 1 et 3 de la prison. Son collègue, Cheikh Tidiane Dramé, lui, s’occupait du secteur 2 et des autres. A la chambre 10, celle de Ino, Boy Nar, Pape Ndiaye et Babaly Traoré, Dramé retire les plats en même temps que Wélé au secteur 3.»



Le même article poursuivait pour dire que les détenus ont profité de la réduction de l’effectif des gardes pénitentiaires dans les secteurs. L’offensive est lancée par Boy Nar (différent du lutteur) qui se jeta sur Dramé pour l’étrangler. Un autre caïd lui balance un cadenas. Dramé maîtrisé, saigne. Ino, lui, subtilise son pull-over réglementaire, l’enfile et prend la direction des opérations. Du mirador, les sentinelles n’ont pas une vue prenable sur le fugitif qui balaie tout sur son passage, rien qu’avec des mots. «Nous sommes armés et tirerons sur quiconque bouge.» C’est fait. Il vient de se faire la belle en compagnie de ses acolytes, Boy Nar et Pape Ndiaye, tandis que Babaly Traoré s’affale au sol. La plus célèbre, ténébreuse et médiatisée des évasions dans l’histoire carcérale du Sénégal et de Rebeuss venait de se produire. Ino se lance dans le déballage et révèle que «(ses) complices étaient à l’intérieur de Rebeuss dont le régisseur adjoint, mais aussi dehors». C’est ainsi qu’après investigation, deux fils du célèbre turfiste, Bada Lô, en l’occurrence Mbaye Kane Lô et Mame Cheikh Lô, soupçonnés d’avoir négocié l’évasion avec des éléments de l’administration pénitentiaire moyennant espèces sonnantes et trébuchantes, ont été arrêtés.

Evidemment, une trentaine de personnes dont de grandes personnalités publiques vont être entendues pour recel. Alex et Pape Ndiaye, condamnés à la perpétuité, ont obtenu une grâce présidentielle après plus de 20 ans de détention.

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