Léon Diomaye Gning, ancien détenu politique, a publié une contribution dans laquelle il appelle à un sursaut de responsabilité, à l’unité des anciens détenus politiques et à une meilleure prise en compte de leur situation par les nouvelles autorités. Dans un texte intitulé « L’heure de la vérité et de la responsabilité a sonné », il réaffirme son soutien au Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, tout en dénonçant ce qu’il considère comme des dérives de certains responsables politiques.

L’auteur rappelle que le 29 juin dernier, les anciens détenus politiques ont officiellement sollicité une audience auprès du Chef de l’État. Selon lui, cette rencontre, si elle est accordée, sera l’occasion pour ces hommes et ces femmes, accompagnés de leurs familles, d’exprimer les souffrances endurées sous l’ancien régime, mais aussi leurs aspirations à contribuer à la reconstruction du Sénégal.

« Notre seul crime a été de défendre un idéal fondé sur la justice, la dignité et la souveraineté », affirme-t-il, soulignant que de nombreux militants ont payé un lourd tribut pour leurs convictions.

Léon Diomaye Gning rappelle également que, dès son accession à la magistrature suprême, le Président Bassirou Diomaye Faye avait donné des instructions afin que les anciens détenus politiques bénéficient d’un accompagnement. Cependant, il estime que cette volonté présidentielle ne s’est pas pleinement traduite dans les faits.

Selon lui, plusieurs initiatives destinées à favoriser l’insertion professionnelle des anciens détenus politiques sont restées sans suite, tandis que certains anciens responsables administratifs auraient tenté de marginaliser ou de discréditer les personnes concernées.

Refusant toute instrumentalisation, il affirme que les anciens détenus politiques ne recherchent ni privilèges ni compassion, mais simplement la reconnaissance de leur engagement et la possibilité de servir leur pays avec compétence et loyauté.

Dans sa contribution, Léon Diomaye Gning critique également ceux qui, selon lui, cherchent aujourd’hui à parler au nom des anciens détenus politiques alors qu’ils n’auraient pas porté leurs préoccupations lorsqu’ils exerçaient des responsabilités. Il s’interroge notamment sur le maintien de certains responsables à des postes de responsabilité et plaide pour une plus grande reconnaissance de celles et ceux qui ont connu la prison et les sacrifices liés à leur engagement politique.

S’adressant directement aux anciens détenus politiques, il lance un appel à l’unité et à la cohésion. Il rappelle les violences, les arrestations, les pertes d’emploi et les traumatismes subis par de nombreux militants, estimant que leur combat doit désormais contribuer à bâtir un Sénégal où plus aucun citoyen ne sera persécuté pour ses opinions.

L’auteur adresse également un message de solidarité à Djiby Mbaye, coordinateur des anciens détenus politiques, actuellement hospitalisé. Il déplore que ce dernier n’ait pas bénéficié de l’accompagnement qu’il jugeait légitime malgré ses nombreuses démarches, estimant que « les actes ont toujours plus de valeur que les discours ».

Dans un passage particulièrement critique, Léon Diomaye Gning accuse certains responsables de Pastef d’avoir renié les idéaux qui ont porté leur combat politique. Il estime que ces comportements constituent une trahison des valeurs défendues durant les années d’opposition, mais également des attentes placées par les Sénégalais dans le projet de gouvernance actuelle.

Réaffirmant son attachement au Président Bassirou Diomaye Faye, il appelle l’ensemble des militants à demeurer unis autour du Chef de l’État afin d’assurer la réussite de son mandat et de privilégier en toutes circonstances l’intérêt supérieur de la Nation.

Enfin, Léon Diomaye Gning prévient que si les idéaux de justice, de mérite, de dignité et de souveraineté ne se traduisent plus dans l’action publique, il deviendra nécessaire, selon lui, de construire une nouvelle force politique authentiquement patriotique, fidèle aux principes qui ont mobilisé les militants durant les années de lutte.

Il conclut sa tribune par un message de rassemblement et d’espérance, réaffirmant son attachement à la République et au Sénégal. Bambie Thiam