Par Dr Mâry Diouf
Responsable des cadres et professionnels du Mouvement des Femmes d’Actions
Vous avez été ministre de la République. À ce titre, vous connaissez mieux que quiconque la portée des mots et le respect qui est dû aux institutions de notre pays. C’est pourquoi il est regrettable de vous voir réduire le débat politique à des attaques personnelles contre Son Excellence Monsieur le Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye.
Dans une démocratie, chacun est libre de critiquer l’action du gouvernement. Il s’agit d’un droit fondamental. En revanche, affirmer qu’un Président de la République « n’a ni le courage, ni la carrure, ni la capacité » ne relève plus de la critique politique argumentée. Il s’agit d’un jugement de valeur qui ne repose sur aucune démonstration objective et qui ne contribue en rien à élever le niveau du débat public. De telles affirmations, dépourvues de preuves, ne servent qu’à alimenter la polémique.
Le Sénégal sort d’une période particulièrement éprouvante, marquée par des crises institutionnelles, des manifestations, des pertes en vies humaines et une profonde fracture sociale. Aujourd’hui, les Sénégalais attendent de leurs responsables politiques qu’ils œuvrent à l’apaisement, au renforcement des institutions et au développement du pays, plutôt qu’à l’entretien de polémiques permanentes et de querelles stériles.
Le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye a été élu au suffrage universel avec une légitimité incontestable. Que l’on partage ou non sa vision politique, le choix du peuple sénégalais mérite d’être respecté. Dans une République, le respect de l’institution présidentielle n’est pas un privilège accordé à un homme, mais une exigence républicaine.
En votre qualité de responsable de l’Alliance Pour la République (APR) et d’ancien ministre de la République, vous devriez être parmi ceux qui donnent l’exemple en privilégiant un débat fondé sur les faits : les réformes engagées, la gouvernance, la justice, l’éducation, la santé, l’économie, la lutte contre la corruption, l’emploi des jeunes ou encore la souveraineté économique. C’est sur ces politiques publiques que les Sénégalais attendent des arguments, et non des invectives.
L’opposition est une composante essentielle de toute démocratie. Toutefois, une opposition crédible se construit par des propositions, des contre-projets et des analyses sérieuses, non par des déclarations destinées à faire le buzz ou à discréditer systématiquement les institutions de la République.
L’histoire politique du Sénégal, comme celle de nombreuses démocraties, nous enseigne que les hommes passent, tandis que les institutions demeurent. Chacun, quelle que soit son appartenance politique, a donc le devoir de préserver leur dignité et de placer l’intérêt général au-dessus des considérations partisanes.
Le peuple sénégalais jugera le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye sur son bilan, comme il l’a fait pour tous ses prédécesseurs. C’est le principe même de la démocratie. Respectons le verdict des urnes et contribuons ensemble à élever le niveau du débat politique. Le Sénégal mérite mieux que les attaques personnelles, les insultes et les invectives.
Enfin, avant de porter un jugement aussi sévère sur les autres, il est parfois utile de faire son introspection et d’avoir le courage de se regarder dans un miroir.
Dr Mâry Diouf
Responsable des cadres et professionnels du Mouvement des Femmes d’Actions
Coordonnateur départemental de Kaolack





























