Dans un contexte où la transparence et la redevabilité sont devenues des exigences incontournables de la gouvernance publique et parapublique, la publication du rapport annuel 2025 de la Société sénégalaise du droit d’auteur et des droits voisins (SODAV) mérite d’être saluée à sa juste valeur.

Sous la présidence de Mme Ngoné Ndour, la SODAV confirme sa montée en puissance. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 677 millions de francs CFA de droits collectés, 429 millions de francs CFA redisués aux auteurs, artistes, producteurs et autres ayants droit, soit plus des trois quarts des sommes perçues reversées aux créateurs conformément aux standards internationaux. La société compte désormais 13 035 membres et près de 98 000 œuvres déclarées, tandis que son fonds social a mobilisé plus de 24 millions de francs CFA en faveur des sociétaires confrontés à des difficultés.

Au-delà des performances financières, la véritable réussite de Ngoné Ndour réside dans la transformation institutionnelle de la SODAV. Depuis son accession à la présidence, l’institution s’est progressivement imposée comme un modèle de gouvernance dans le secteur culturel africain. Les rapports de gestion sont publiés avec régularité, les comptes sont soumis à l’appréciation des membres, les répartitions sont devenues plus transparentes et la diversification des bénéficiaires permet aujourd’hui de mieux prendre en compte les acteurs de l’audiovisuel, des arts visuels et des œuvres radiophoniques.

Cette modernisation s’accompagne d’une ambitieuse transition numérique. La SODAV développe des plateformes digitales permettant aux membres de déclarer leurs œuvres, de suivre leurs répartitions et d’accéder à leurs catalogues en ligne. L’intégration d’outils d’intelligence artificielle destinés au suivi des diffusions audiovisuelles ainsi que l’attribution d’identifiants internationaux aux créateurs témoignent d’une volonté claire d’inscrire le Sénégal dans les standards internationaux de la gestion collective.

Mais le combat que mène Ngoné Ndour dépasse les seuls indicateurs financiers. Depuis plusieurs années, elle défend avec constance l’application effective de la rémunération pour copie privée. Ce mécanisme, reconnu dans de nombreux pays, constitue une source essentielle de revenus pour les créateurs et représente aujourd’hui un levier stratégique pour l’autonomie financière du secteur culturel sénégalais. Son plaidoyer est également tourné vers les nouveaux défis liés au numérique et à l’intelligence artificielle, afin que les œuvres des artistes soient protégées et justement rémunérées.

Ce leadership est d’autant plus remarquable qu’il s’exerce avec discrétion, humilité et efficacité. Productrice accomplie, entrepreneure visionnaire et fondatrice de Prince Arts, Ngoné Ndour a accompagné l’émergence de nombreux talents qui font aujourd’hui rayonner le Sénégal à travers le monde. Son engagement dépasse largement ses fonctions institutionnelles : elle conseille, accompagne et soutient sans rechercher les honneurs.

Dans un pays où les modèles féminins de réussite méritent d’être davantage mis en lumière, Ngoné Ndour incarne une référence. Elle prouve que le leadership peut s’exercer avec compétence, intégrité, sens du service public et fidélité aux intérêts des créateurs.

C’est pourquoi nous formulons le vœu que son plaidoyer en faveur de la copie privée bénéficie d’un accompagnement résolu des autorités compétentes, notamment du Ministre Alpha Thiam et de Mme Mame Coumba Diop. Soutenir cette réforme, c’est renforcer durablement l’économie culturelle, améliorer les revenus des artistes et consolider l’un des secteurs les plus créatifs de notre pays.

L’histoire retiendra que derrière la discrétion de Ngoné Ndour se cache une femme d’action qui aura profondément modernisé la gouvernance des droits d’auteur au Sénégal et contribué à redonner confiance à des milliers de créateurs.

Seynabou Sankarè
Journaliste – Écrivaine
Présidente du Mouvement des Femmes d’Actions