La décision du Conseil constitutionnel d’annuler la procédure de révision constitutionnelle relative à la loi n° 18/2026 continue de susciter de nombreuses réactions au sein de la classe politique et des observateurs de la vie institutionnelle sénégalaise.
Parmi les voix qui se sont exprimées figure celle de Babou Biram Faye (BBF), qui voit dans cette décision bien plus qu’un simple arbitrage juridique. Dans une contribution intitulée « Une leçon de République », il considère que les Sages ont rappelé un principe fondamental : la Constitution demeure au-dessus de toute majorité politique.
Selon lui, cette décision constitue « une victoire de l’État de droit sur la tentation de la précipitation, une victoire des institutions sur les calculs politiques et une victoire de la République sur toute forme de dérive procédurale ». Pour Babou Biram Faye, le débat ne concernait pas uniquement le contenu de la révision constitutionnelle, mais surtout le respect des procédures qui encadrent toute modification de la loi fondamentale.
L’auteur estime que le recours introduit par le Président de la République relevait d’une démarche de sauvegarde des institutions. En choisissant de saisir le Conseil constitutionnel plutôt que d’alimenter une confrontation politique, le Chef de l’État aurait privilégié les mécanismes de l’État de droit et laissé les institutions exercer pleinement leur rôle d’arbitre.
Babou Biram Faye insiste également sur la portée de cette décision pour l’ensemble des institutions de la République. Il rappelle que si le Parlement vote les lois et le Gouvernement conduit les politiques publiques, le Conseil constitutionnel demeure le garant du respect de la Constitution, chacun devant agir dans les limites de ses compétences.
Dans une seconde analyse intitulée « La majorité parlementaire rappelée à l’ordre », il soutient que cette décision adresse un avertissement à toute majorité politique : disposer d’une majorité parlementaire ne dispense pas du respect des exigences constitutionnelles. Selon lui, la légitimité démocratique ne repose pas uniquement sur le nombre de sièges, mais aussi sur le respect scrupuleux des règles qui fondent l’État de droit.
Pour Babou Biram Faye, cette décision restera une référence dans l’histoire institutionnelle du Sénégal. Elle réaffirme que la Constitution appartient à toute la Nation et qu’aucune majorité, quelle que soit son importance, ne peut s’affranchir des procédures prévues par la loi fondamentale.
Enfin, l’analyste rappelle que la République se construit sur la primauté du droit et le respect des institutions. À ses yeux, le Conseil constitutionnel « n’a pas choisi un camp politique ; il a choisi la Constitution », réaffirmant ainsi qu’au sein d’un État de droit, le dernier mot appartient toujours au droit.





























