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Face aux crises alimentaires provoquées par le Covid-19 et la guerre en Ukraine, le mil reste, pour le Sénégal, une solution. C’est la proposition faite par l’Initiative prospective agricole et rurale (Ipar) lors d’un webinaire. Et le ministre en charge du Pse a annoncé un décret portant incorporation d’un certain pourcentage de mil dans la fabrication du pain. Cela permettrait de faire «une économie de 17 milliards de FCFA».



«Post-Covid-19 et guerre en Ukraine : quelles conditions à la souveraineté alimentaire ?»
C’est le thème qui a été débattu lors du webinaire organisé le 26 avril dernier par l’Initiative prospective agricole et rurale (Ipar), en partenariat avec le Rapport alternatif sur l’Afrique (Rasa) et le Réseau sénégalais des think tanks (Senrtt). Ce webinaire s’inscrit dans le cadre des animations scientifiques régulières de l’Ipar, portant sur des problématiques de développement ou des questions d’actualité.

Pour faire face aux défis de la souveraineté alimentaire, les panelistes ont opté pour la valorisation du mil. L’objectif du webinaire organisé par l’Initiative prospective agricole et rurale (Ipar) était d’engager une réflexion autour des implications des crises secouant la planète, notamment le Covid-19 et la crise ukrainienne, mais aussi poser le débat sur la souveraineté alimentaire des pays en développement.

Il est ressorti des échanges que le Sénégal, à l’instar de beaucoup de pays en développement, subit de plein fouet les contrecoups de la crise sanitaire liée à la Covid-19 et de la guerre en Ukraine. «Bien avant la pandémie de Covid-19, le Sénégal n’était déjà pas sur la bonne voie pour respecter ses engagements d’éliminer la faim et la malnutrition dans le monde, d’ici 2030. Aujourd’hui, la pandémie et la crise ukrainienne ont rendu cet objectif beaucoup plus difficile à atteindre», a estimé Dr Ibrahima Hathie, chercheur à Ipar.

Dr Hathie révèle qu’en 2020, la faim dans le monde a touché entre 720 et 811 millions de personnes, soit entre 118 et 161 millions de personnes de plus qu’en 2019. Par ailleurs, selon le chercheur, en 2020, la sous-alimentation a affecté 768 millions de personnes, dont plus d’un tiers se trouve en Afrique.

D’après les chercheurs de l’Ipar, le Sénégal reste très vulnérable aux chocs en dépit des réponses de l’Etat et des progrès réalisés ces dernières années dans la chaîne de valeur riz, notamment la hausse des productions, l’amélioration de la qualité, etc

«Les pistes pour une souveraineté alimentaire durable»

Pour faire face aux défis de la souveraineté alimentaire, il est ressorti des échanges qu’il faut aller vers une transformation des systèmes alimentaires. Afin de mieux tirer parti des synergies et gérer les compromis, les chercheurs suggèrent la définition d’une politique alimentaire holistique en cohérence avec les politiques agricole, commerciale, industrielle, sanitaire, et environnementale.

D’où la nécessité de mettre en place des mécanismes et des institutions de gouvernance efficaces et inclusifs. Le développement d’une économie du mil est vu comme un axe possible de la politique alimentaire. Cette option a été soutenue par Mame Khary Diène, panéliste et spécialiste des chaînes de valeurs agricoles et de l’Entreprenariat des jeunes.

Un décret dans le circuit pour l’incorporation du mil dans le pain «Le mil pourrait être une solution, notamment avec la crise ukrainienne qui va exacerber les pénuries de blé». Pour Abdoul Karim Fofana, ministre en charge du Pse, l’incorporation graduelle de céréales, telles que le mil, dans la panification, peut être une solution pour habituer les papilles à ces produits.

«Des études ont montré qu’une incorporation de 20% de mil dans le pain permettrait de faire une économie de 17 milliards de FCFA», a dit M. Fofana, avant d’annoncer qu’il y a un décret dans ce sens qui doit être appliqué. Plusieurs autres panélistes ont plaidé pour l’accompagnement et la structuration des petites et moyennes entreprises intervenant dans les chaînes de valeur.

D’autres ont suggéré l’intégration de l’entrepreneuriat dans les curricula afin d’inculquer aux jeunes le sens de l’entreprenariat dès le bas âge.

Le webinaire a mobilisé une centaine de participants dont des enseignants, des chercheurs, des étudiants, des acteurs du secteur privé, des membres de la société civile, etc. Ce qui fait dire au ministre en charge de Pse que «la souveraineté alimentaire n’est pas une question d’opportunité mais une nécessit
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