PUB

Le Japon fait le deuil de son ancien Premier ministre Shinzo Abe au lendemain de son assassinat alors qu’il faisait campagne dans la ville de Nara, proche de Kyoto à l’approche d’élections sénatoriales. Les mesures de sécurité autour des bureaux de vote sont renforcées et des critiques s’élèvent contre les services de sécurité pour avoir permis au tueur d’agir en toute liberté ou presque.

 

La présence policière est accrue autour de la résidence de l’ancien Premier ministre à Tokyo, où son corps est arrivé à bord d’un corbillard dans lequel avait pris place son épouse Akie. Des détecteurs de métal vont être installés à l’entrée de bureaux de vote. Du jamais vu dans un pays où les armes à feu sont hors de portée des Japonais : l’arme utilisée par l’assassin Tetsuya Yamagami, ancien militaire de la marine japonaise de 42 ans, a été fabriquée par lui-même.

Les services de sécurité sont l’objet de critiques. Shinzo Abe était un des hommes politiques les plus protégés du Japon. Si les autres demandent la même protection, les Japonais, déjà très éloignés de leurs politiciens, le seront encore plus. Tetsuya Yamagami a dit à la police qu’il avait appris via Internet, le jour de l’attentat, la visite non prévue de Shinzo Abe à Nara où il devait tenir un discours électoral en bordure de route, près d’une gare de Nara. Cela prouve que le tueur n’a pas prémédité son acte, estiment, dans leur majorité, les internautes. Mais ils doutent de l’absence de motifs politiques de sa part.

Un mystérieux groupe religieux

Tetsuya Yamagami a déclaré à la police qu’il en voulait à une organisation religieuse dont aurait fait partie Shinzo Abe mais que sa rancune contre l’ancien Premier ministre n’avait rien à voir avec la politique. Il croyait que celui-ci était lié à un groupe religieux qu’il accuse d’avoir ruiné financièrement sa mère et brisé sa famille, a-t-il expliqué à la police qui vérifie si l’organisation religieuse en question existe réellement. Les médias eux gardent le silence radio sur le nom de ce groupe religieux. Il existe au Japon une ou deux sectes religieuses très puissantes et très intimidantes. Les Japonais connaissent leurs noms, mais ont une peur bleue de les prononcer.

Relents racistes

Sur les réseaux sociaux, les Japonais s’interrogent sur les motifs du tueur. Les théories les plus fumeuses, parfois à connotation raciste circulent aussi à son propos. Certains estiment que Tetsuya Yamagami n’est pas Japonais. Il n’est pas possible qu’un Japonais commette un tel acte, selon eux ; il doit être d’origine coréenne ou chinoise. À Fukuoka, dans le sud du Japon, les Coréens du Sud, nombreux à visiter cette ville, sont déjà mis en garde contre d’éventuelles réactions haineuses de la part de certains Japonais.

Tout ce qu’on sait du tueur est qu’il est Japonais, solitaire, sans emploi depuis longtemps. De tels individus dangereux existent et la psychiatrie japonaise reste trop défaillante pour les prendre en charge avant qu’il ne soit trop tard.

PUB