Les artisans de Pikine, notamment ceux de Diamaguène Sicap Mbao, s’étaient donné rendez- vous hier au terrain de Basket de Sicap Mbao. Ils y organisaient une exposition de leurs œuvres. Menuisiers, soudeurs métalliques, tôliers…, y ont exposé leurs meubles. Mais les responsables de l’Association des artisans bokk beugeu beugeu (2A3B) ont profité de cette occasion pour aussi étaler les maux qui freinent leur «envol».

«Ils ont pour nom de formation, de concurrence des mobiliers importés etc. «À Diamaguène Sicap Mbao, 85% des artisans sont des locataires. Certains travaillent dans les rues, d’autres sont dans des maisons délabrées. Nous sollicitons des zones artisanales ou nous pourrons exercer tranquillement. Cela permettra aussi de désencombrer les rues», explique El H. Fallou Mbacké. Selon le coordonnateur de l’Association des artisans bokk beugeu beugeu, ils ont aussi des problèmes de formation et de financement. «Les financements et la formation dont on parle, n’arrivent pas jusqu’à la base. Du moins, ici à Diamaguène Sicap Mbao, où nous n’avons rien vu. Compte tenu du rôle important que nous jouons dans l’éducation et la formation des enfants, nous méritons d’être appuyés par les autorités étatiques», tonne-t-il.

ET RECLAMENT L’APPLICATION DES
15% DESTINES AUX ARTISANS SUR LA
COMMANDE PUBLIQUE NATIONALE

Les artisans dénoncent aussi avec fermeté la concurrence déloyale dont ils sont victimes avec l’importation des meubles. C’est pourquoi ils invitent les autorités à respecter leur engagement aux artisans locaux 15% de la commande publique nationale. «Chaque année plus de 600 milliards sont mobilisés par l’État pour l’achat de mobiliers pour équiper les ministères, les hôpitaux, les écoles, les universités etc. Nous réclamons notre part du marché et invitons les autorités à revenir vers les artisans locaux et à renforcer les chambres conciliaires » martèle Djibril Sidibé, membre de l’association.

Il relève que les artisans méritent plus d’attention eu égard à leur poids dans l’économie nationale. «Nous contribuons à hauteur de 5% dans le budget national. Ce qui n’est pas négligeable», ajoute M. Sidibé.