L’histoire des Nations unies enseigne que les grandes fonctions internationales se construisent dans la durée, la constance et la reconnaissance du mérite. Boutros Boutros-Ghali, devenu sixième Secrétaire général de l’ONU le 1er janvier 1992, n’était pas l’homme d’un camp politique mais celui d’un État et d’un continent. Son accession à cette fonction éminente avait été portée par l’Égypte, au nom de l’Afrique et du multilatéralisme. Aujourd’hui, une responsabilité comparable se présente au Sénégal.
Depuis le 3 avril 2024, au lendemain de la passation de pouvoir avec son successeur Bassirou Diomaye Faye, Macky Sall n’est plus revenu au Sénégal. Il a volontairement choisi la retenue et la distance, s’installant à Marrakech, fidèle à une tradition républicaine selon laquelle un ancien chef d’État s’efface pour permettre aux nouvelles autorités de gouverner librement et pleinement. Ce choix n’est ni une fuite ni un retrait, mais un acte de maturité politique et de respect institutionnel.
Un an et demi après la fin de ses fonctions, Macky Sall s’inscrit désormais dans une trajectoire résolument internationale. Successeur de Ban Ki-moon à la tête du Centre mondial pour l’adaptation aux changements climatiques (4P de Paris), il consacre l’essentiel de son temps à des missions de haut niveau, à des interventions dans de grands forums mondiaux et à des échanges avec les décideurs internationaux. De New York à Washington, de Riyad aux grandes capitales africaines et internationales, ses prises de parole, largement relayées sur ses plateformes officielles, témoignent d’un engagement constant en faveur du climat, de la coopération internationale, du développement durable et du multilatéralisme.
Cette présence continue sur la scène mondiale n’est pas le fruit du hasard. Elle est la reconnaissance d’un parcours présidentiel de douze années marqué par la stabilité institutionnelle, l’ancrage démocratique, une diplomatie active et respectée, ainsi qu’un rôle majeur du Sénégal dans les médiations régionales, la lutte contre le terrorisme, la paix et la sécurité internationale. Quelles que soient les divergences politiques internes, ces faits demeurent et s’imposent à l’histoire ainsi qu’au leg generationel authentique.
Soutenir la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations unies ne saurait être interprété comme un alignement politique ou une continuité partisane. Il s’agit d’un acte d’État, d’un choix stratégique et d’un devoir de justice. Le président Bassirou Diomaye Faye, en tant que garant des intérêts supérieurs de la nation, doit se placer au-dessus des clivages pour défendre ce qui honore le Sénégal.
Refuser de porter cette candidature reviendrait à affaiblir la voix du pays, à nier l’expertise acquise et à priver l’Afrique de l’Ouest d’une opportunité historique de diriger l’institution la plus symbolique du multilatéralisme mondial. À l’inverse, l’assumer pleinement serait un signal fort de maturité démocratique, de grandeur républicaine et de continuité de l’État.
Le monde, l’Afrique, l’Afrique de l’Ouest et le Sénégal doivent beaucoup à Macky Sall. Son engagement international, sa disponibilité et son expérience font de lui un candidat crédible et légitime. En signant et en portant officiellement cette déclaration de soutien, le président Bassirou Diomaye Faye écrirait une page importante de l’histoire diplomatique du Sénégal, démontrant que la République sait reconnaître le mérite, honorer ses serviteurs et défendre ses ambitions au-delà des alternances politiques.
L’heure n’est pas aux calculs, mais à la responsabilité. L’histoire jugera. Zaynab Sangarè, Personnalité Publique.









































