Près de trois décennies après la mort de Tupac Shakur, l’un des meurtres les plus célèbres et les plus mystérieux de l’histoire du hip-hop connaît enfin son procès. Lundi 10 août 2026, la sélection du jury a débuté à Las Vegas dans l’affaire visant Duane « Keffe D » Davis, 63 ans, accusé d’avoir orchestré l’assassinat du rappeur américain.
Tupac Shakur, figure emblématique du rap américain, avait été touché par plusieurs balles le 7 septembre 1996 alors qu’il circulait dans une BMW conduite par Marion « Suge » Knight, près du Las Vegas Strip. Le rappeur est décédé six jours plus tard, à seulement 25 ans. Pendant près de 30 ans, aucun responsable n’a été condamné pour ce meurtre.
Keffe D, le seul homme poursuivi
Duane Davis, ancien membre des South Side Compton Crips et oncle d’Orlando « Baby Lane » Anderson, est aujourd’hui le seul homme à avoir été inculpé dans cette affaire. Il a été arrêté en septembre 2023, après une nouvelle perquisition menée par la police de Las Vegas et plusieurs années durant lesquelles ses propres déclarations avaient attiré l’attention des enquêteurs.
Les procureurs l’accusent d’avoir organisé l’attaque, fourni l’arme et dirigé l’opération en représailles à une altercation survenue quelques heures auparavant dans le MGM Grand. Tupac et son entourage avaient alors affronté Orlando Anderson, dans le contexte particulièrement violent de la rivalité entre les camps liés à Death Row Records et Bad Boy Records.
Mais une question essentielle demeure : qui a réellement appuyé sur la gâchette ?
Les autorités n’ont jamais établi avec certitude l’identité du tireur. Les trois autres hommes qui se trouvaient dans la Cadillac blanche d’où seraient partis les tirs sont aujourd’hui décédés. Anderson est mort en 1998, tandis que DeAndrae Smith et Terry Brown sont également décédés.
Les propres déclarations de Davis au cœur du dossier
L’un des éléments majeurs de l’accusation repose sur les déclarations publiques de Davis au fil des années, notamment son livre publié en 2019, Compton Street Legend, dans lequel il évoquait son implication dans les événements entourant la mort de Tupac.
La justice a récemment autorisé l’utilisation de cet ouvrage dans le cadre du procès. La défense soutient toutefois que les récits de Davis ne doivent pas être considérés comme des aveux fiables et affirme notamment qu’ils comportent des éléments fictifs.
Davis a plaidé non coupable. Il est poursuivi pour meurtre avec usage d’une arme dangereuse, dans une affaire où les procureurs devront démontrer qu’il a joué un rôle déterminant dans l’organisation de l’attaque, même s’il n’est pas accusé d’avoir personnellement tiré sur Tupac.
Suge Knight pourrait être appelé à témoigner
Autre personnage central de cette nuit tragique : Marion « Suge » Knight, cofondateur de Death Row Records, qui se trouvait au volant de la voiture dans laquelle Tupac a été atteint.
Son éventuelle comparution pourrait apporter un éclairage supplémentaire sur les événements de cette nuit de septembre 1996. Mais Knight a récemment indiqué qu’il ne souhaitait pas témoigner dans le procès.
Une affaire qui dépasse largement le monde du rap
Au-delà du procès de Duane Davis, c’est toute une époque du hip-hop américain qui ressurgit devant la justice.
La mort de Tupac est devenue au fil des années l’un des plus grands mystères de la culture populaire américaine. Rivalités entre gangs, guerre symbolique entre les côtes Est et Ouest, tensions entre Death Row Records et Bad Boy Records, théories autour de personnalités du rap : son assassinat a alimenté pendant des décennies les spéculations et les enquêtes.
Aujourd’hui, la justice tente de distinguer les faits établis des nombreuses théories qui entourent cette affaire.
Pour la famille de Tupac et pour des millions de ses admirateurs, ce procès représente surtout l’espoir d’obtenir enfin une réponse judiciaire à une question restée sans réponse pendant près de trente ans : qui a commandité et qui a réellement participé à l’assassinat de Tupac Shakur ?
Le procès, qui doit se dérouler à Las Vegas, pourrait durer plusieurs semaines. Son issue pourrait constituer un tournant historique dans l’une des affaires criminelles les plus emblématiques de l’histoire du hip-hop.





























