L’historien et professeur d’université à la retraite, Boubacar Diop, dit « Buuba », a appelé à la concrétisation du dernier projet du savant sénégalais Cheikh Anta Diop (1923-1986) consacré à la toponymie, qu’il considère comme une réponse majeure à la problématique de la paix en Afrique.
Selon lui, respecter l’héritage intellectuel de Cheikh Anta Diop passe nécessairement par la mise en œuvre de ce projet portant sur l’étude des noms de lieux, de villes, de montagnes, de lacs, de fleuves, de sources et d’autres repères géographiques. « C’est son dernier projet, élaboré juste avant sa mort », a-t-il rappelé.
Boubacar Diop s’exprimait lors de la cérémonie commémorative marquant le quarantième anniversaire de la disparition de Cheikh Anta Diop. À cette occasion, il a insisté sur le caractère « capital » de ce projet de toponymie pour l’Afrique, estimant qu’il constitue un levier fondamental pour la compréhension des origines et la consolidation de la paix sur le continent.
La rencontre a réuni d’éminents professeurs d’universités ainsi que plusieurs personnalités autour du thème : « L’intégration de l’œuvre et de la pensée paradigmatique du professeur Cheikh Anta Diop dans les systèmes éducatifs afrocentrés : modèles formels, non formels et informels ».
Pour Buuba Diop, la réalisation de ce projet permettrait aux Sénégalais et, plus largement, aux Africains de mieux comprendre leurs racines. Il a souligné que Cheikh Anta Diop avait déjà mis en place une équipe de travail à cet effet, tout en mettant en avant l’importance des savoirs endogènes, notamment en philosophie et en mathématiques.
Intervenant à son tour, le représentant du recteur de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), Pierre Mbid Hamoudi Diouf, a rappelé que le savant sénégalais avait œuvré pour l’autonomie des sociétés africaines face aux récits historiques imposés. Selon lui, commémorer Cheikh Anta Diop, c’est mesurer la profondeur de sa pensée, renouveler le patriotisme et célébrer le savoir, tout en plaçant l’homme et l’éducation au centre des priorités.
De son côté, l’administratrice de la Place du Souvenir Africain, Ngakane Gning Diouf, a estimé que l’hommage à Cheikh Anta Diop ne doit pas se limiter au rappel de sa contribution scientifique et intellectuelle. Le véritable hommage, a-t-elle souligné, consiste à s’interroger sur l’usage de son œuvre, la place qu’elle occupe dans les systèmes éducatifs, culturels et sociaux, ainsi que sur les modalités de sa transmission aux générations actuelles et futures.
Décédé le 7 février 1986 à Dakar, Cheikh Anta Diop était un égyptologue, intellectuel et homme politique sénégalais. Auteur de nombreux ouvrages, il a démontré à travers ses travaux l’apport fondamental de l’Afrique noire à la culture et à la civilisation mondiales.









































