À Dakar, un nouveau cadre d’engagement féminin vient de voir le jour avec le lancement officiel du Mouvement des Femmes d’Actions (MFA). Porté par la devise « La Souveraineté par l’Innovation, la Force par la Solidarité », ce mouvement ambitionne de proposer une nouvelle dynamique d’action en faveur de l’autonomisation et de la participation active des femmes au développement du Sénégal.
Le MFA se présente comme une plateforme d’action et de transformation sociale, économique et citoyenne. À travers cette initiative, ses promotrices souhaitent mettre en avant une conviction forte : la femme sénégalaise, qu’elle vive en milieu rural ou urbain, ne doit pas être considérée comme une personne à assister, mais comme une véritable actrice du développement. Selon les responsables du mouvement, le potentiel des femmes reste encore largement sous-exploité en raison d’approches jugées dépassées et d’un accès limité aux opportunités économiques et sociales.
Dans cette perspective, le mouvement entend favoriser l’émergence d’initiatives concrètes capables de renforcer les capacités économiques et organisationnelles des femmes dans les différentes localités du pays. L’une des orientations majeures consiste à mettre en place des hubs modernes de transformation et d’accompagnement destinés à soutenir les activités économiques et communautaires portées par les groupements féminins. Ces espaces devraient contribuer à structurer davantage les organisations de femmes, à valoriser les productions locales et à renforcer les économies territoriales.
Le MFA prévoit également le déploiement d’une plateforme baptisée « Action Sa Gokh ». Ce dispositif vise à connecter les femmes et leurs organisations aux opportunités économiques, aux marchés urbains et aux programmes publics. La plateforme permettra notamment de faciliter l’accès à l’information, d’accompagner les démarches administratives et d’encourager une meilleure intégration des femmes dans les initiatives de développement local.
Dans sa vision d’innovation sociale, le mouvement souhaite aussi promouvoir l’indépendance énergétique participative à travers la création de micro-réseaux solidaires gérés par des coopératives de femmes. Cette approche doit permettre de répondre aux besoins énergétiques de certaines communautés tout en générant de nouvelles activités économiques et en renforçant le rôle des femmes dans les dynamiques de développement durable.
Le MFA met également en place un programme de formation intitulé « Académie de la Résilience ». Ce cadre vise à renforcer les capacités des femmes dans plusieurs domaines stratégiques. Les participantes bénéficieront de formations en développement personnel pour consolider la confiance en soi, le leadership et l’esprit d’initiative. Des sessions porteront aussi sur la connaissance et la défense des droits des femmes, afin de leur permettre de mieux se positionner dans les différents espaces de la société.
Le programme prévoit en outre des modules consacrés au droit civique et électoral pour encourager une participation plus active des femmes dans les processus démocratiques. Des formations sur la gestion des collectivités territoriales et le fonctionnement des institutions permettront également aux participantes de mieux comprendre les mécanismes de gouvernance et d’y prendre part de manière responsable. Le MFA annonce enfin des sessions dédiées à la compréhension et au suivi de la responsabilité sociétale des entreprises, afin de favoriser un dialogue constructif entre les femmes et les entreprises présentes dans leurs territoires.
Sur le plan économique, le mouvement affirme vouloir fonctionner selon un modèle fondé sur la transparence et la recherche d’un impact mesurable. Chaque contribution financière devrait être associée à des résultats concrets. Le MFA prévoit notamment de mobiliser des partenariats public-privé, en s’appuyant sur les programmes de responsabilité sociétale des entreprises pour financer des initiatives communautaires portées par les femmes.
Parallèlement, un mécanisme d’autofinancement progressif sera mis en place. Celui-ci reposera notamment sur une micro-commission solidaire appliquée aux ventes réalisées via la plateforme « Action Sa Gokh », sur la vente de cartes de membres et sur les contributions volontaires des sympathisantes et partenaires.
Au-delà des actions économiques et sociales, le mouvement affiche également une ambition citoyenne. Le MFA souhaite porter la voix des femmes dans les espaces de décision afin de promouvoir une meilleure reconnaissance de leur rôle dans l’économie et dans la gouvernance du pays. Il entend également plaider pour une meilleure intégration de la production féminine dans les politiques d’achats publics, pour la sécurisation de l’accès des femmes au foncier et à l’habitat, ainsi que pour le renforcement des actions sociales solidaires à l’échelle nationale.
À travers cette initiative, les promotrices du Mouvement des Femmes d’Actions affirment vouloir contribuer à l’émergence d’un modèle de développement plus inclusif, dans lequel les femmes occupent une place centrale dans la transformation économique et sociale du Sénégal. Zaynab Sangaré





























