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L’ancien Maire de Dakar, Khalifa Ababacar Sall, en politicien aguerri et stratège accompli est en train de jouer sa partition pour offrir à l’opposition une majorité confortable par le ralliement de députés de la mouvance présidentielle. Khalifa qui gardé d’excellentes relations avec ses anciens camarades socialistes déroule. Quarante députés seraient sur sa ligne de mire.


S’activant dans l’ombre depuis des semaines, il déroule des stratégies qui pourraient être très profitables à l’opposition, surtout à Yewwi Askan Wii dont il est le maître à penser. Le résultat d’un apprentissage politique depuis l’âge de 13 ans qui conforte aujourd’hui son leadership. Très pondéré posé et patient, il déroule pour trouver d’autres orientations pour la coalition Yewwi Askan Wi. Des stratégies de conquêtes qui réussissent toujours à l’instar de la coalition qui permis aux Sénégalais de disposer pour cette législature une assemblée dans laquelle le pouvoir est mis en danger

La pratique de la politique est un art. Certains de ses adeptes comprennent bien les schémas de composition et de recomposition pour dynamiser leurs propres entités. Suivant leurs groupes d’appartenance et de références, ces experts politiques, loin d’être des novices, usent de leurs capacités d’anéantissement pour mettre en mauvaise postures des adversaires politiques. Dans ce lot de politiques très futés, figure en bonne place l’ancien maire de la ville de Dakar, Khalifa Ababacar Sall. Après une excellente percée de sa coalition Yewwi Askan Wii, l’initiateur de Taxawou sénégal s’est engagé sans tambours ni trompette dans le « dé-mackiage » des députés de la coalition Benno Bokk Yaakaar.

Actes politiques hors hiérarchie, toujours gagnants

Adepte des grandes stratégies et bien formé à l’école politique de Léopold Sedar Senghor, d’Abdou Diouf et de Ousmane Tanor Dieng, Khalifa Sall a se présente en fédérateur incontestable et pose toujours des actes politiques hors hiérarchie, toujours gagnants.

Et depuis quelques semaines il déroule ses schémas à l’instar du joueur d’Echecs sans jamais se presser. Lentement et surement. Pour le moment, seule l’ancienne socialiste Aida Sow Diawara a extériorisé devant le Président Sall sa rencontre avec Khalifa Sall sans pour autant le nommer. Mais d’après nos sources, l’ancien maire de Dakar a dans son viseur une quarantaine de députés de BBY dont d’anciens camarades socialistes avec qui il entretient d’excellentes relations. Les personnes rapprochées par Khalifa Sall sont considérés comme des insoumis et loin de partager les orientations du Président Sall avec qui ils sont en conflit sans pour autant le manifester pour des raisons stratégique. Ces insoumis tentent d’imposer au Chef de l’Etat, Macky Sall, une contradiction efférente sur de multiples projets, présents et à venir.

Leadership du silence de Khalifa Sall

Khalifa Sall maintient donc un leadership autour du silence. « Il est plus dangereux en politique dans cette posture. Aucun signal dans ses options et orientations », confie un observateur de la scène politique. Après accomplissement de ses actions et prévisions, Khalifa Sall réussit de tout temps à atteindre ses objectifs et cibles. Tout cela découle de sa capacité à analyser, la profondeur des calculs politiques très mathématiques et sa maîtrise des évolutions de la conquête des masses électorales.

Étant au cœur des plus grands moments de la vie politique des socialistes, son défunt mentor, OTD, confie notre interlocuteur, disait à Macky que s’il ne l’enferme pas, Khalifa Sall lui gâcherait ses projets. Plus qu’une réalité actuellement, et malgré son statut juridique non défini, Khalifa continue toujours à créer des surprises. En dehors des geôles, il devient plus dangereux. Exemple, sans être investi, il travaillerait de manière technique à anéantir le rêve du Président Sall à avoir une grande majorité pour laquelle il comptait s’accrocher pour un 3ème mandat que lui interdit la Constitution

Khalifa Sall semble ainsi bien et mieux comprendre les enjeux de l’heure pour l’opposition qui pourrait être fragilisée. L’unique schéma salvateur serait de grignoter dans l’effectif parlementaire de BBY pour mieux les affaiblir. Une fois que des parlementaires, doutant de l’éventualité d’une 3e candidature de Macky Sall sont ferrés, l’opposition pourra avoir le contrôle d’une majorité après la transhumance de Pape Diop et l’abstention de Pape Djibril Fall et de Thierno Alassane Sall.

Méfiance et doute entre députés BBY

Dans cette tentative de convaincre des députés de BBY à renforcer l’opposition, le doute s’est installé au sein de BBY. L’absence de confiance et cette méfiance pourraient être source de tension dans la coalition BBY. Puisque chaque député va certainement penser que son collègue pourrait être, soit une taupe, soit un allié sournois qui traque des informations à transmettre à l’opposition.

En tout état de cause, il est certain que face à ce travail titanesque, consistant à convaincre des députés de BBY, le pouvoir, exposé à une éventuelle traîtrise de ses propres investis, ne devrait plus dormir tranquillement. Une approche qui montre encore les qualités de leaders de l’ancien maire de Dakar. « Khalifa Sall, très expérimenté politiquement, n’est dans le populisme et parle peu. Mais, il est capable de soulever des montagnes pour faire en sorte que l’opposition tienne tête au pouvoir », résume, un observateur de la scène politique.

Seule certitude, cette 14e législature va encore révéler des secrets de la forte conviction des députés élus. De multiples scénarii de conquête et de reconquête seront appliqués. Opposition et pouvoir ne se feront pas de cadeaux. A défaut d’une cohabitation, il y aura fort probablement des confrontations d’idées. Du spectacle, il y en aura également entre l’opposition et le pouvoir à l’Assemblée nationale. Zaynab SANGARÈ

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