Dakar, 9 février 2026 – Le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba, survenu ce lundi à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), a provoqué une onde de choc à travers le pays et ravivé les tensions politiques et sociales, opposant frontalement le gouvernement au parti Alliance Pour la République (APR).

Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année de Licence en Médecine, a perdu la vie à la suite d’événements qualifiés de graves par les autorités, intervenus dans un contexte de manifestations estudiantines réclamant de meilleures conditions d’études et de vie sur le campus universitaire.

Dans un communiqué publié le même jour, le Secrétariat Exécutif National (SEN) de l’Alliance Pour la République a vivement mis en cause le pouvoir en place, dirigé par le parti Pastef. L’APR accuse le régime d’avoir fait de « l’usage permanent de la violence » son principal mode de gouvernance depuis son accession au pouvoir, il y a moins de deux ans.

 

Selon le parti d’opposition, la mort de l’étudiant serait la conséquence directe d’une répression jugée brutale et disproportionnée du mouvement estudiantin. L’APR estime que ce drame était évitable et alerte sur le risque de nouvelles tragédies si, selon ses termes, « ce pouvoir antipopulaire et de ruine nationale » perdure.

 

Face à cette situation, le SEN de l’APR exige la démission immédiate du Ministre de l’Intérieur, qu’il tient pour responsable, ainsi que le retrait sans condition des forces de l’ordre de l’espace universitaire. Le parti appelle également l’ensemble des forces vives de la nation – partis politiques, syndicats et mouvements citoyens à une mobilisation générale.

 

De son côté, le Gouvernement a exprimé sa profonde tristesse suite au décès d’Abdoulaye Ba. Dans un communiqué officiel, il s’est incliné devant la mémoire du défunt et a présenté ses condoléances à la famille, aux proches et à toute la communauté universitaire.

 

Appelant au calme et à la responsabilité, l’exécutif a assuré être attaché à la manifestation de la vérité et au respect de l’État de droit. Il s’est engagé à faire toute la lumière sur les circonstances du drame et à établir les responsabilités éventuelles conformément aux lois en vigueur.

 

Le Gouvernement a également réaffirmé sa détermination à garantir la sécurité sur le campus social et à protéger les étudiants, annonçant la prise de mesures immédiates et appropriées.

 

Dans un souci de transparence, un point de presse est prévu ce mardi 10 février 2026 à 16h30 à la Primature, en présence de plusieurs membres du Gouvernement, notamment les ministres de la Justice, des Forces armées, de l’Intérieur et de la Sécurité publique, ainsi que de l’Enseignement supérieur.

 

Alors que l’émotion reste vive et que les appels à la mobilisation se multiplient, ce drame relance le débat sur la gestion des mouvements sociaux, la sécurité dans les universités et le climat politique au Sénégal.