Dakar, 25 jan (APS) – La montée de la tension politique, à mesure qu’approche le premier tour de l’élection présidentielle du 24 février, inquiète les journaux parvenus vendredi à l’APS, à l’image de Sud Quotidien qui en impute la responsabilité aussi bien au pouvoir qu’à l’opposition.

‘’Opposition et pouvoir à la barre !’’, s’exclame ainsi ce journal à sa Une pour résumer un contexte pré-électoral marqué par la recrudescence de la violence et des tensions politiques.

‘’La tension politique s’invite à nouveau dans le débat politique relatif à l’élection présidentielle du 24 février prochain. Comme lors des élections présidentielles de 1988, 1993, 2000, 2007 et 2012, le Sénégal est à nouveau sous la menace d’une présidentielle teintée de violences politiques, surtout après le saccage du siège du parti politique Pastef +Les Patriotes+ du candidat Ousmane Sonko, un acte encouragé par la violence verbale entre responsables du pouvoir et opposition’’, souligne la publication dans ses colonnes.

Des individus non encore identifiés ont notamment saccagé dans la nuit de mercredi à jeudi le siège de cette formation politique dirigée par l’opposant Ousmane Sonko, un des candidats à l’élection présidentielle.

Cette formation et son leader pointent du doigt la responsabilité du pouvoir dans cette affaire, fait remarquer Vox Populi qui met en lumière les réactions qu’elle a suscitées.


’’(…) Nous exprimons notre solidarité aux membres du PASTEF et lançons un appel un appel solennel à tous les acteurs, pour que nous sachions que la stabilité du Sénégal est son bien le plus précieux. Des actes de cette nature menacent sérieusement cette stabilité et faussent la perception que l’opinion internationale peut avoir de notre pays’’, déclare par exemple, le candidat Idrissa Seck, ancien Premier ministre.

Dans les colonnes du quotidien Le Témoin, Seck, leader du parti Rewmi, interpelle l’Etat et le met devant ses responsabilités en évoquant ‘’le recrutement de nervis, l’insécurité, l’injustice et les tensions pré-électorales’’.

‘’La carte des nervis’’ est le titre choisi par Le Quotidien, semblant ainsi tirer les conséquences de la mise à sac du siège de PASTEF.

La publication annonce l’ouverture d’une enquête de la gendarmerie pour tirer au clair cette affaire tout en faisant remarquer déjà que le jeune responsable politique et ses partisans engagent la responsabilité de Abdoulaye Diouf Sarr, un membre du parti au pouvoir, lequel apporte un démenti et accuse à son tour cette formation politique de l’opposition d’en être l’instigatrice.

Cette idée trouve également écho à L’Observateur qui pointe ‘’les incongruités’’ des différents témoignages, en citant par exemple la déposition faite devant les enquêteurs par un des vigiles du bâtiment. Le journal soutient que l’homme en question a admis avoir ouvert la porte aux assaillants.

Sur cette affaire comme sur d’autres, L’As quotidien, fait état d’un durcissement, mentionnant à sa Une : ‘’Le C25 bande les muscles’’, pour dire que ce collectif qui regroupe aussi bien les candidats retenus pour briguer les suffrages des Sénégalais le 24 février prochain, que ceux dont la candidature a été rejetée par le Conseil constitutionnel restait plus que jamais déterminé à combattre le président Macky Sall.

’’L’opposition est allée à la rencontre des populations de Grand Yoff pour les sensibiliser sur l’élection présidentielle, et les exhorter à sanctionner le régime de Macky Sall’’, rapporte le journal qui est revenu sur un déplacement des opposants dans ce quartier de Dakar, considéré comme un fief de l’ancien maire de la capitale Khalifa Ababacar Sall.

Dans ce contexte, d’autres publications, semblent s’inscrire dans l’exorcisation de cette tension politique. Il en est ainsi du journal Enquête qui se fait écho de ’’l’appel de Touba’’, cité religieuse du centre du pays, capitale de la confrérie musulmane mouride.

’’Au moment où opposition et pouvoir promettent de ne se faire aucun cadeau, en perspective de la présidentielle de 2019, Touba appelle tous les musulmans à une journée de prières et de lecture du Saint Coran, lundi prochain’’, indique le journal dont la Une est illustrée d’une photo du khalife général des mouride, Serigne Mountakha Bachir Mbacké, le regard plongé sur un exemplaire du Coran qu’il tient entre les mains.

Pendant ce temps, Le Soleil met en lumière l’inauguration la veille par le président de la République, Macky Sall, du Marché d’intérêt national et de la Gare des gros porteurs, des infrastructures érigées dans la Nouvelle Ville de Diamniadio, dans le département de Rufisque.

’’Tels des jumeaux, du fait de leur ressemblance architecturale, le Marché d’intérêt national et la Gare des gros porteurs, situés sur le même site, sont d’une grande complémentarité. Si le premier va améliorer la collecte et le stockage de la production maraichère et agricoles aux portes de Dakar, le deuxième constitue une révolution dans le domaine des transports’’, détaille le journal qui reprend à son compte un commentaire du chef de l’Etat au sujet de ces infrastructures : ‘’Une nouvelle page de l’histoire économique’’.

AKS/OID- SenegalActu