L’Afrique s’est dotée, depuis 2005, d’un programme d’action relatif aux questions de la criminalité et de la sécurité, dont le blanchiment d’argent, qui portent atteinte au développement. Les actions menées depuis lors et les stratégies à adopter face au blanchiment d’argent, ont été examinées lors du dernier séminaire de la Banque africaine d’import-export sur le financement du commerce en Afrique. 


Le rapport 2020 de la CNUCED sur le développement économique en Afrique indique que les flux financiers illicites privent l’Afrique de 88,6 milliards de dollars chaque année. Conséquences, les fonds qui devraient être disponibles pour le développement à long terme et la durabilité de l’Afrique sont perdus à travers une structure financière mondiale, qui implique des sociétés fantômes, des sociétés écrans, des paradis fiscaux. L’Afrique est préoccupée par l’incidence croissante de ce crime organisé, qui impacte la paix, la sécurité et le développement.
De nombreuses institutions ont besoin de formation. Même les bureaux de première ligne comme la police, le département des douanes, les institutions de promotion du commerce et de l’investissement dans le respect des pays africains doivent également améliorer leurs processus et veiller à ce que les entrepreneurs africains ordinaires puissent profiter des opportunités offertes par l’accord de libre-échange continental africain.
Selon Tagbo Agbazue, L’Afrique perd entre 50 et 90 milliards de dollars par an, en raison des flux financiers illicites. Pour y faire face, les stratégies actuelles sont plus portées vers la lutte contre le blanchiment d’argent en espèces. Le blanchiment d’argent basé sur le commerce est devenu plus populaire depuis que le système financier mondial est devenu plus hostile au blanchiment d’argent basé sur de l’argent liquide. Ainsi, de nombreux criminels essaient maintenant d’exploiter le commerce comme une opportunité de blanchir le produit de leur crime.

Chaque semaine, des millions de marchandises et de conteneurs circulent d’un pays à l’autre dans le monde et que les criminels utilisent cet important volume commercial pour déguiser certaines activités dans le but de transférer de la valeur d’une juridiction à l’autre. N’oubliez pas que les banques sont impliquées dans le financement du commerce. Elles n’inspectent pas physiquement ces marchandises et ces conteneurs.

Le blanchiment de capitaux permet aux criminels et aux fonctionnaires corrompus de profiter en toute impunité du produit de leur crime, tandis que les activités terroristes sont rendues possibles par ceux qui les financent avec des fonds d’origine criminelle ou d’autres sources. Le blanchiment de capitaux peut également être un problème en soi, notamment pour les petits pays ou les pays en développement dont le secteur financier est faible ou insuffisamment réglementé.