Dans le paysage éducatif dakarois, l’IBAD Academy, nichée face à la tour des Mamelles, se veut un sanctuaire de vertu. Sous la direction du Dr Aicha Fall, ancienne figure médicale de l’Aéroport Léopold Sédar Senghor et de l’AIBD, l’établissement prône une éducation rigoureuse ancrée dans les valeurs de la Diamiatou Ibadou Rahmane.
Pourtant, derrière les murs de l’institut où l’on enseigne le Coran et les dogmes islamiques les plus stricts, une affaire de dette non honorée vient écorner l’image de «pureté» à l’affichée par sa directrice.
L’éthique islamique à géométrie variable ?
Le contraste est saisissant. D’un côté, une responsable engagée au sein de la mouvance PASTEF et de la Diamiatou Ibadou Rahmane, deux organisations qui placent l’éthique, la droiture et le «Jub, Jubal, Jubanti» (Intégrité, Équité, Redressement) au cœur de leur discours. De l’autre, une réalité beaucoup plus prosaïque, une dette de plus de huit ans contractée auprès d’une collaboratrice pour le lancement numérique de son propre institut.
Selon les informations recueillies par infoscredibles,Dr Aicha Fall aurait bénéficié, à la création de l’IBAD, de l’avance de fonds personnels pour le «boost» publicitaire du compte Facebook de l’académie. Huit ans plus tard, malgré les promesses, le remboursement se fait attendre. Ainsi que d’un soutien physique, morale et stratégie gratuit pour la mise en place de son entreprise à la Cité Keur Gorgui.
Un préjudice professionnel pour autrui
Cette situation n’est pas qu’une simple querelle financière, elle paralyse aujourd’hui le développement d’une entreprise médiatique locale. En ne régularisant pas ce passif auprès de Facebook, le Dr Fall bloque l’outil de travail de celle qui l’a aidée autrefois.
Comment enseigner la crainte de Dieu et le respect du droit d’autrui aux élèves de l’IBAD Academy quand la directrice elle-même semble ignorer les préceptes élémentaires du droit commercial et de la morale islamique concernant les dettes ? Le Prophète (PSL) n’enseignait-il pas que «l’âme du croyant reste suspendue à sa dette jusqu’à ce qu’elle soit acquittée» ?
L’exigence de cohérence
Au Sénégal, la posture «Ibadou» n’est pas qu’un choix vestimentaire ou une pratique rituelle ; c’est un contrat de confiance avec la société. En s’affichant comme un modèle de piété tout en refusant de solder un crédit vieux de près d’une décennie, le Dr Aicha Fall s’expose à une critique légitime sur la sincérité de son engagement.
La direction de l’IBAD Academy est désormais interpellée, l’exemplarité doit commencer par le respect des engagements financiers, surtout lorsqu’ils ont servi à bâtir sa propre visibilité. Le silence et l’esquive ne sauraient tenir lieu de gouvernance pour une institution qui se réclame de la Lumière didivine. Affaire à suivre… ynab Sangaré






































