En ce mois de février 2026, le Sénégal se trouve à un moment charnière de sa trajectoire financière. Le niveau élevé de la dette publique, combiné à d’importantes échéances de remboursement, place le pays sous surveillance étroite des investisseurs internationaux et de ses partenaires diplomatiques.

Échéances de remboursement et pression sur les marchés

L’échéance la plus immédiate concerne le remboursement d’un Eurobond arrivant à maturité en mars 2026, pour un montant d’environ 485 millions de dollars. Ce paiement constitue un test majeur pour la crédibilité financière du pays. Les autorités sénégalaises ont indiqué avoir mobilisé les ressources nécessaires afin d’honorer cet engagement dans les délais, notamment grâce à des recettes fiscales soutenues et à des émissions de titres sur le marché régional de l’UEMOA.

Au-delà de cette échéance, d’autres remboursements importants sont attendus entre 2026 et 2028, ce qui entretient une forte vigilance des marchés financiers. Les obligations souveraines du Sénégal se négocient avec des rendements élevés, traduisant une perception de risque accrue. Cette situation renchérit le coût de tout nouvel emprunt et limite les marges de manœuvre budgétaires. La suspension d’un précédent programme d’appui par le Fonds monétaire international a également contribué à accroître l’incertitude, après la révélation de dettes non déclarées qui ont fragilisé la confiance des partenaires financiers.

La stratégie actuelle repose sur le respect strict des engagements extérieurs afin d’éviter un défaut de paiement, scénario qui aurait des conséquences lourdes sur l’accès futur aux marchés internationaux. Toutefois, cette priorité budgétaire exerce une pression sur les finances publiques, dans un contexte où les besoins sociaux et les investissements demeurent importants.

La question de la dette sénégalaise dépasse le cadre purement financier et prend une dimension diplomatique significative. Les négociations avec le Fonds monétaire international sont au cœur des discussions. Un nouvel accord pourrait permettre de rétablir la confiance des investisseurs, de débloquer des financements et de servir de signal positif aux marchés. Les autorités sénégalaises affirment néanmoins que tout partenariat devra préserver la souveraineté économique du pays et protéger les priorités nationales.

Par ailleurs, plusieurs partenaires bilatéraux et institutions internationales suivent de près l’évolution de la situation. Les créanciers étrangers, y compris certains États et banques multilatérales, évaluent la capacité du Sénégal à maintenir un calendrier de remboursement soutenable. Des échanges diplomatiques ont été engagés afin de coordonner les positions et d’éviter une déstabilisation financière régionale.

Dans ce contexte, la gestion de la dette devient un enjeu central de politique extérieure. Le Sénégal cherche à rassurer ses partenaires tout en préservant sa stabilité interne. La capacité du pays à honorer ses engagements en 2026 constituera un signal déterminant pour la suite, tant sur le plan économique que diplomatique.