« La longue marche de Mahaalè » s’impose d’emblée comme un sublime chef-d’œuvre journalistique, une œuvre magistrale qui redonne au récit de voyage ses lettres de noblesse. À travers cet ouvrage, le lecteur est invité à une itinérance planétaire, un véritable tour du monde qui nous conduit de l’Afrique aux Amériques, en passant par l’Europe et l’Asie.
Ce n’est pas une simple succession de destinations, mais un narratif essentiel où chaque passage, chaque ville et chaque contrée reculée devient le théâtre d’une découverte humaine profonde.
L’auteur nous offre ici un brassage culturel exquis, témoignant d’une curiosité insatiable et d’un respect immense pour la diversité des peuples.
C’est avec une plume de sachant que Talibouyè Aïdara, fort de deux décennies d’une expérience riche et plurielle dans la communication et le journalisme, nous transporte dans le temps et l’espace. Son récit nous fait traverser les frontières de son Sénégal natal pour explorer la Gambie, la Guinée-Bissau, le Cap-Vert, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Burkina Faso, le Maroc, et s’étendre bien au-delà vers la Belgique, l’Espagne, la Russie, les États-Unis, le Brésil ou encore l’Ouganda.
Dans ces reportages d’une précision chirurgicale, l’auteur décortique l’histoire politique, la géographie et la culture de chaque pays avec une aisance rare. Il prend le temps de citer les musées, de décrire l’effervescence des transports urbains, d’analyser les styles vestimentaires et de savourer les mets locaux, nous offrant ainsi une immersion sensorielle complète.
L’ouvrage brille également par sa dimension didactique. Talibouyè Aïdara nous emmène à la découverte des poumons économiques mondiaux, à l’image du complexe portuaire de Marseille à Berre-l’Étang, avant de nous plonger dans l’atmosphère solennelle du Kremlin. Sous ses yeux, l’or blanc qui couvre Moscou et les dômes dorés des cathédrales orthodoxes s’animent malgré le froid glacial, offrant un contraste saisissant avec la chaleur des souvenirs africains. Il n’hésite pas à convoquer l’histoire marquante, rappelant les grands sommets de l’OCI à Dakar sous l’égide de Me Abdoulaye Wade ou le drame indélébile du naufrage du bateau « Le Joola », ancrant ainsi son récit dans la réalité parfois tragique des nations.
En définitive, ce livre est une célébration du plus beau, et sans doute du plus exigeant des genres journalistiques, le grand reportage. Grâce à un vocabulaire à la fois classique et contemporain, le lecteur ne se contente pas de lire ; il imagine, il apprend, il vibre. Il faut saluer ici le geste noble de l’aîné, cet homme de l’ombre à l’expertise immense, qui a choisi la voie de la transmission après tant d’années au service d’un métier aussi passionnant que complexe. « La longue marche de Mahaalè » est un legs précieux, une invitation à comprendre le monde dans toute sa splendeur et sa complexité. Zaynab Sangarè








































