La Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNLT) a présenté cinq individus devant le juge du 5ᵉ cabinet d’instruction du Pool judiciaire. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, tentative de trafic de migrants, fraude documentaire, usurpation d’identité et complicité.
Les mis en cause sont P. David, 56 ans, enseignant nigérian, J.K. Akinwoke, 39 ans, homme d’affaires nigérian, O. Ayodeji, 63 ans, commerçant nigérian, A.B. Diène alias « Savant », 44 ans, Sénégalais sans profession déclarée, et I. Mbaye, 43 ans, tailleur sénégalais.
Le 14 février 2026, dans le cadre de l’« Opération Lima-Sierra », la DNLT a démantelé un important réseau de faussaires basé à Ouakam. Exploitant un renseignement opérationnel, les enquêteurs ont localisé un appartement servant d’atelier clandestin de fabrication de faux documents de voyage. Quatre suspects y ont été interpellés en possession de passeports sénégalais et congolais comportant des visas contrefaits.
Présenté comme le cerveau du réseau, A.B. Diène a été surpris devant un ordinateur en train de modifier la photographie d’une femme, opération destinée à confectionner un faux sticker de visa. La perquisition a permis la saisie d’un matériel conséquent révélant l’ampleur du réseau, notamment des passeports de plusieurs nationalités, des faux visas pour le Canada, les États-Unis et l’espace Schengen, des ordinateurs contenant des maquettes de stickers, des cachets d’aéroports africains et européens, des logiciels de retouche, des imprimantes, une plastifieuse, du matériel de reliure, un cachet sec « République de Guinée-Bissau », un appareil de vérification de documents de type Docu-Box, des clés USB et diverses fournitures.
Entendu par les enquêteurs, P. David a reconnu avoir reçu un passeport congolais afin d’y apposer de faux cachets contre 10 000 F CFA. Il a admis être membre du réseau et traiter en moyenne trois dossiers par mois. O. Ayodeji, après avoir nié toute implication, a finalement reconnu son rôle, notamment l’approvisionnement en stickers vierges en provenance de Guinée-Bissau. Il versait 50 000 F CFA par faux document au « Savant » avant de les revendre entre 60 000 et 70 000 F CFA.
L’enquête a permis d’établir la grille tarifaire pratiquée par le réseau. Une carte nationale d’identité vierge était vendue 45 000 F CFA. Le lavage de visa et la couture d’un passeport coûtaient 30 000 F CFA. La confection d’un passeport diplomatique congolais était facturée 50 000 F CFA. Les faux visas pour la France, le Portugal, l’Espagne, le Canada, les États-Unis et le Nigeria étaient proposés à 25 000 F CFA l’unité.
La poursuite des investigations a conduit à l’interpellation d’un cinquième suspect, I. Mbaye, domicilié à Guédiawaye. Les recherches se poursuivent afin d’identifier et d’arrêter les autres membres du réseau toujours en fuite.




























