L’ancien président hondurien Juan Orlando Hernandez est désormais aux mains de la justice américaine. L’homme a été extradé vers les États-Unis ce jeudi 21 avril du pays qu’il dirigeait encore il y a six mois. Il lui est reproché d’avoir participation à un vaste trafic de cocaïne. Juan Orlando Hernandez a quitté son pays menotté et escorté devant les caméras dans un avion de l’agence antidrogue américaine DEA. Direction New York pour y être jugé pour trafic de stupéfiants. Le procureur du district sud de Manhattan lui reproche sa participation à un trafic qui a permis de faire passer 500 tonnes de cocaïne aux États-Unis entre 2004 et 2022.

Narco-État

Au cours d’une conférence de presse, organisée ce 21 avrili, le ministre américain de la Justice, Merrick Garland, l’accuse d’avoir abusé de son poste de président du Honduras depuis 2014 pour faire fonctionner son pays comme un narco-État. La justice américaine l’accuse en outre d’avoir reçu des pots-de-vin pour des millions de dollars, notamment du célèbre El Chapo, chef du cartel de Sinaloa au Mexique.

La chute a été rapide pour Juan Orlando Hernandez. Au départ allié des États-Unis sous Donald Trump, notamment pour lutter contre le trafic de drogue et freiner les migrations, il a cédé le pouvoir à la fin janvier 2022 à la présidente de gauche, Xiomara Castro, avant d’être arrêté trois semaines plus tard.

Vengeance des cartels ?

Il dénonce un complot et une vengeance des cartels. Il risque la prison à perpétuité. Peine à laquelle son frère, l’ancien député Tony Hernandez, a déjà été condamné par le même tribunal pour des faits similaires. L’ancien chef de la police nationale entre 2012 et 2013, Juan Carlos « Tigre » Bonilla, arrêté le 9 mars sera lui aussi extradé prochainement, poursuivi par le même tribunal pour avoir « supervisé » les opérations.